Grand Corps Malade – Rencontre

26 12 2007

Grand Corps Malade - Rencontres 

C’était sur une grande route, je marchais là depuis des jours
Voire des semaines ou des mois, je marchais là depuis toujours
Une route pleine de virages, des trajectoires qui dévient
Un chemin un peu bizarre, un peu tordu comme la vie
Evidemment j’étais pas tout seul, j’avais envie de faire connaissance
Il y avait un tas de personnes et personne marchait dans le même sens
Alors je continuais tout droit mais un doute s’est installé
Je savais pas ce que je foutais là, encore moins où je devais aller

Mais en chemin au fil du temps j’ai fait des sacrées rencontres
Des trucs impressionants, faut absolument que je vous raconte
Ces personnages que j’ai croisé c’est pas vraiment des êtres humains
Tu peux parler avec eux mais jamais leur serrer la main

Tout d’abord sur mon parcours j’ai rencontré l’innocence
Un être doux, très gentil mais qui manque un peu d’expérience
On a marché un p’tit moment, moins longtemps que c’que j’aurais cru
J’ai rencontré d’autres éléments et l’innocence a disparue

Un moment sur mon chemin, j’ai rencontré le sport
Un mec physique, un peu grande gueule mais auprès de qui tu deviens fort
Pour des raisons techniques on a du se quitter c’était dur
Mais finalement c’est bien comme ça, puis le sport ça donne des courbatures

J’ai rencontré la poésie, elle avait un air bien prétentieux
Elle prétendait qu’avec les mots on pouvait traverser les cieux
Je lui ai dit je t’ai dejà croisée et franchement tu vaux pas l’coup
On m’a parlé de toi à l’école et t’avais l’air vraiment relou

Mais la poésie a insisté et m’a rattrapé sous d’autres formes
J’ai compris qu’elle était cool et qu’on pouvait braver ses normes
Je lui ai d’mandé tu penses qu’on peux vivre ensemble ? J’crois que je suis accroc
Elle m’a dit t’inquiêtes le monde appartient à ceux qui rêvent trop

Puis j’ai rencontré la détresse et franchement elle m’a saoulé
On a discuté vite fait mais rapidement je l’ai refoulée
Elle a plein de certitudes sous ses grands airs plein de tension
Mais vous savez quoi ? La détresse, elle a pas d’conversations

Un moment sur ma route j’ai rencontré l’amour
Je lui ai dit tient tu tombes bien, j’veux te parler depuis toujours
Dans l’absolu t’es une bonne idée mais dans les faits c’est un peu nul
Tu pars en couille une fois sur deux faudrait qu’tu r’travaille ta formule

L’amour m’a dit écoute petit ça fait des siècles que jefais mon taff
Alors tu me parles sur un autre ton si tu veux pas te manger des baffes
Moi je veux bien être gentille mais faut que chacun y mette du sien
Les humains ne font aucun effort et moi je suis pas un magicien

On s’est embrouillé un petit moment et c’est là que je me suis rendu compte
Que l’amour était sympa mais que quand même il se la raconte
Puis il m’a dit qu’il devait partir, il avait des rendez-vous par centaine
Que ce soir il devait diner chez sa de mi-soeur : la haine

Avant de partir j’ai pas bien compris, il m’a conseillé d’y croire toujours
Puis s’est éloigné sans s’retourner, c’était mes derniers mots d’amour
J’suis content de l’avoir connu, ça je l’ai bien réalisé
Et je sais qu’un de ces quatre on sera amené à se recroiser

Un peu plu stard sur mon chemin j’ai rencontré la tendresse
Ce qui reste de l’amour derrière les barrières que le temps dresse
Un peu plus tard sur mon chemin j’ai rencontré la nostalgie
La fiancée des bons souvenirs qu’on éclaire à la bougie

Assez tôt sur mon parcours j’avais rencontré l’amitié
Et jusqu’à c’jour, elle marche toujours à mes côtés
Avec elle je ma tape des barres et on connait pas la routine
Maintenant c’est sûr, l’amitié, c’est vraiment ma meilleure copine

J’ai rencontré l’avenir mais il est resté très mystérieux
Il avait la voix déformée et un masque sur les yeux
Pas moyen de mieux le connaitre, il m’a laissé aucune piste
Je sais pas à quoi il resemble mais au moins je sais qu’il existe

J’ai rencontré quelques peines, j’ai rencontré beaucoup de joie
C’est parfois une question de chance, souvent une histoire de choix
Je suis pas au bout de mes surprises, là dessus il y a aucun doute
Et tous les jours je continue d’apprendre les codes de ma route

C’était sur une grande route, je marchais là d’puis des jours
Voire des semaines ou des mois, je marchais là depuis toujours
Une route pleine de virage, des trajectoires qui dévient
Un chemin un peu bizarre, un peu tordu, un peu comme la vie.


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